tu me tues j’éteins le calorifère / patience du courrier les annonces découpent la pluie en bâtons / j’imagine tes yeux regarder d’autres yeux savent-ils / en filigranes nos agressions non dénoncées dégèlent lentement / plus faim

robe à distance découpe mes yeux en bande annonce / lentement spectaculaire la viande hachée récite la petite histoire aux nouvelles / je survis au micro-ondes trois fois par jour digère la seconde / le système a gagné 

broché.e au ciel l’erreur médicale me conjugue sans consentement / j’attends plus que des excuses je m’attends / il faut sortir les poubelles le compost tout récupérer / les clés au fond de la gorge j’ai peur qu’on me dise tu es faux

plus fort fige l’instant cannibale ajoute la croyance à l’agression / pleure la nuit des pilules tu ne bandes pas tu es une fille dit-elle en renversant mes bibliothèques / ne vivrai plus pour le ciel ni les scènes de crime promis / ne veux plaire qu’à mes cactus endormis

exposé.e nu.e sans viande sur la table d’opération / les discours n’en finissent plus d’atteindre des mensonges en moi / je touche l’origine la construction la fin du monde naturel / les secondes passent comme le métro en retard sur mon genre

invalide je déménage mon corps de lumière me ferai percer les dents jusqu’à devenir l’homme de personne / n’écouterai plus vos déclinaisons vos soupirs vos absences / m’enfouirai sous un langage inconnu

ce moment où tu es forcé.e de faire ton coming out poétique d’agressions non dénoncées puisque tes agresseur.e.s ne cessent d’exister et d’inventer des jeux d’exclusion et de lumière