il pleut
des pissenlits
ironiques
sur nos têtes
climatisées

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femmes de sel
déchirures des yeux

la violence
s’éparpille
malgré elles

le ciel atomique
liche l’autoroute
des fourmis mortes

osti
la route est longue
escarpement des glaciers

le métal des arbres
glisse
d’une bouteille à l’autre

la pointe du Nord
n’en finit plus
d’exister

j’ai des allumettes mouillées
au fond de la gorge

chacun de mes gestes
prépare sa disparition

mon corps se déplie
au rythme des pierres ponces

mon corps se détache de la terre
tranquillement retourne à sa conception
comme une fausse couche préméditée
je ne sais pas si je meurs
ou si je suis déjà mort

le repas est prêt
les couverts bien mis
mon corps traverse la table
comme une prière
une incantation
chaque invité se sert
au bruit des chaises
selon son espérance
son quotidien désarticulé