Poème pour Rosa

90 jours sans alcool
Québec brûle
son corps de guérillère
ses lèvres sur rewind
d’équilibres concassés

posture fuck tute
posture je m’en câlisse de
vos sourires fermés à 23 heures de
vos partys coups de poing
quand le consentement
est une facture trop chère

elle a soif d’un monde retourné
à l’âge des vaccins
des carrés de sable sexuels
love me Tinder
love me good

Rosa femme-montagne
aux aisselles multicolores
continue de briser le ciel
d’inverser le genre
l’alcool dans le porte-poussière de l’histoire

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28 novembre, Spectacle RAMEN, Librairie St-Jean Baptiste, Qc, Nuit

Est-ce qu’on est morts me demande une amie avant de s’écraser à terre avec son verre de vin à moitié vide de rêves brisés. Je ne sais plus quoi répondre aux regards partis avec l’eau du bain. Il faudrait écrire des poèmes sur les gens au lieu d’être de mauvaises couches de peinture. Rouler en bicyclette jusqu’à l’épuisement des sexes de fond de tiroir. Je crois au pouvoir de la beauté qui se cache dans nos pots de pilules.

***

elle a dit non plusieurs fois
s’est enfuie par la corde à linge
accrochée aux trous noirs

n’en finit plus de vomir
les déserts qui s’accumulent
sous sa peau transparente

histoires insignifiantes
histoires à dormir debout
devant les phallus bandés
des hommes ordinaires

***

Je n’ai pas compris quand tu m’as dit fuck tute. Tu es partie avec la dernière bière pendant que les feux rouges clignotaient. Hier c’était nos lèvres au goût de ramen et d’espoirs en trombone. Il neigeait du popcorn sur nos corps évachés. Ta robe suspendue aux nuages des lendemains sans eau chaude.

***

elle porte plusieurs noms
pute trans sorcière
comme une poupée russe offerte
elle se demande pourquoi
survivre à l’hiver
aux danses allo stop
quand les condos poussent
plus vite que son ventre

***

Survivre

le sexe périmé
dans le compost
de l’histoire

***

novembre comme une brassée de linge sale à délicat nous tombons avec la pluie sous les trottoirs en grève

novembre dépression amnésie suicide de fait divers nos lacets détachés du monde les aisselles remplies d’anecdotes

novembre fuck you merci bonsoir