13 septembre, Jos Dion, nuit

Je n’ai pas compris la négation de nos corps quand tu m’as dit il est trop tard. Tu es partie avec tous les sels de nos souffles pendant que les montagnes se détournaient de nos os. Hier c’était nos lèvres au goût de cerises et d’espoirs en trombones. Ta robe se porte mieux accrochée aux nuages des lendemains sans rivières. Il neige des cure-dents dans nos pores de peau dilatés. La soupe est chaude de nos sourires coincés entre les boulevards.

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12 septembre, Nincafé, nuit

Je manque de mots pour décrire le vide des saisons. Le néant m’inspire des fleurs blanches aux parfums de sirop. Où est la mer? Je ne sais pas marcher. L’impatience me guette au tournant des épices. La maladie de l’amour hante les journaux, mais personne n’ose lever la main. J’attends les fruits mûrs dans ma boîte aux lettres. Qui es-tu sur la route des questions, des pinceaux au bord des falaises? La tendresse m’enchante comme les robes aiguisées sous tes yeux.

11 septembre, Brûlerie St-Roch, jour

le matin entre deux villes
un oiseau passe sur l’autoroute

le temps est au sommeil félin
ce que l’orage est aux avions

ce n’est plus l’heure des réparations
du ciel en éclats de poussière

j’embrasse tes lèvres singulières
ton film muet

partis avec les enfants bruyants
nous n’avons plus de mains

il faut des parcs
des herbes sans seringues

rappelle-moi la douceur
de nos égarements passagers